Le prix d'une vie humaine
La vie humaine a un prix… 100 millions d’euros pour un français, 100 pour un africain.
Je lisais sur un commentaire du Figaro une réaction indignée, en substance : la vie humaine a un prix puisqu’on ne veut pas supprimer 19 000 passages a niveaux, au prix de 3.5 millions d’euros l’un pour sauver 40 vies par an.
Cad 67 milliards d’euros, ou, en intérêts, 3.5 milliards par an ou en gros 100 millions par vie (d’imprudent) sauvée.
Eh bien, la vie d’un homme, si on se base sur une vie = une vie, c’est quelques centaines de dollars en Afrique ou en Haïti : Le prix d’un antipaludéen ou d’une nourriture spécifique pour sauver les enfants mourant de malnutrition.
C’est 5 ou 600 dollars en Inde : Le cout du traitement contre la lèpre.
C’est à peine plus de Chine : Le cout de la corruption d’un juge pour sauver à un voleur de pomme une balle dans la nuque.
Guère plus en Palestine, le cout de quelques abris anti-bombe, ou en Colombie, le cout de gilets pare-balle.
Et même en France, on peut sauver des vies pour bien moins cher. En installant plus de rails de sécurité sur les routes, notamment de montagne, en renforçant les contrôles de police pour arrêter les chauffards etc etc.
La vie humaine a un prix, ou que l’on soit, et ce prix est variable. Ne dites jamais « une vie humaine n’a pas de prix ». C’est seulement lorsqu’on veut dépenser beaucoup plus que sa valeur pour une personne et oublier que pour quelques millions d’autres, pour lesquels on pourrait faire beaucoup à peu de frais, on ne fait rien, que l’on dit cela. Assumez sa valeur et ce que vous pourriez faire.
C’est quand on dépense 100 000€/an pour héberger et soigner un sidéen étranger en France, quand pour le même prix on pourrait éviter la mort de plus d’une centaine d’enfants en Afrique, du palu, ou de pauvres d’Inde, de la lèpre.
Ce n’est pas être généreux, seulement se donner bonne conscience a peu de frais.
P.S. Je ne suis pas communiste, mais plutôt ultralibéral. Et en matière de charité également il devrait y avoir une forme de concurrence afin que l’argent aille la ou il peut le plus. Et c’est en ne fermant pas les yeux mais en regardant en face la ou on sauve une vie trop chèrement et la ou on ignore une détresse bon marché qu’on avancera.
La preuve : La suite de mon article, qui fera grincer des dents.
D’ailleurs un problème actuel dans les pays sociaux comme la France est la confusion entre la solidarité et la charité.
La solidarité est essentiellement quelque chose de réciproque et a l’intérieur d’un groupe défini, par exemple une famille, une nation et des personnes installées durablement.
Exemples : Le support aux personnes âgées, aux chômeurs, ou malades etc. Tout ceci est géré en France par les caisses d’assurances maladie, vieillesse etc.
La charité est un don envers un nécessiteux qui ne fait pas partie de notre communauté et donc un don qui n’aurait pas pu avoir et n’aura certainement pas de réciproque.
Exemple : Soigner des étrangers chez eux ou qui sont venu en France pour se faire soigner. (il n’y a aucune différence sinon de visibilité).
Le problème est que s’il est en France, cela rentre dans la solidarité (financé par l’assurance maladie), avec des critères d’efficacité/de rentabilité bien bien plus relâchés (que ce soit moral ou non que les critères soient différents) que pour la charité (quand la France finance des missions humanitaires a l’étranger).